Froha supérieur, l’oued de la plaine d’Eghriss

1 juillet 2008 – 12:00

FROHA SUPÉRIEUR

Le pays de Froha du nom de l’oued qui le traverse avant de se perdre dans le sol de la plaine d’Eghriss, se trouvait primitivement à l’ouest de Tizi. L’endroit appelé Thiersville, l’ancien Attia reçut le nom de Froha Supérieur toujours à cause de la rivière de ce nom qui passe à 700 mètres du village, où elle est traversée par la route de Matemore.

Le village de Froha fut fondé en 1874, mais Froha Supérieur est bien plus ancien, puisqu’il perdit son nom en 1878 pour prendre celui de Thiersville.
Le Froha arabe avait environ 37 km d’étendue du Nord Ouest au Sud- Est jusqu’auprès de Bou-Hanifia et de la Guethna, lieu de naissance de l’Emir Abd-elKader. Froha Supérieur était en territoire militaire de l’arrondissement de Mostaganem.
Mascara n’était alors qu’un lieu de canton. Du côté de Makda à 20 km à l’Est de Thiersville on a découvert naguère deux cités romaines de grandeur inégale. On a même trouvé non loin de là, des pièces de monnaie de l’époque.

En 1843, les Hachem font leur soumission au Maréchal Clauzel et un escadron de Saphis ne tarde pas à établir son cantonnement sur les terres abandonnées par les nomades et leurs troupeaux, au pied d’un mamelon surmonté d’une Koubba.

Les soldats commencent aussitôt des travaux de défrichement et se livrent à la culture.

Vers 1850, dans le cadre du plan de colonisation de 1847 de Lamoricière, quelques familles s’y installent : parmi elles, deux hardis « colons ».
L’un est français : Frédéric Pellissier.
Après cinq années passées au 56ème de ligne, il rentre en France en 1848 pour y prendre femme, condition indispensable pour pouvoir prétendre à l’achat d’une concession réservée aux anciens militaires. Il revient en Algérie et obtient une concession de 15 hectares et demi groupant un lot à bâtir et un jardin contre 5000 francs or qu’il paie en trois ans.

L’autre est espagnol : Diégo Lopez. Il n’a pas d’économies suffisantes pour acheter quelques hectares de terre mais il est laborieux, opiniâtre, décidé à réussir sur cette terre qui lui rappelle son pays valencien natal. II sera quelques années plus tard, entrepreneur de transport sur la ligne Oran – Géryville.

Tous deux vont unir leurs efforts pour construire avec l’aide de l’armée, la première maison du village. La bâtisse est grande, fortifiée et possède un étage.
Les autres familles, qui vivent sous la tente, viennent souvent s’y mettre à l’abri des rôdeurs nocturnes. Ce « fortin » leur sera d’un grand secours lors de l’insurrection de 1866…

Le difficile apprentissage du travail de la terre, la sécheresse, les incendies criminels, les vols de bétail, les épidémies de Choléra, Paludisme, Typhus, ajoutés à la suppression de l’allocation de 0,50 F par membre de chaque famille, qui leur avait été allouée au début, conduisirent la plupart de ces colons improvisés à émigrer vers les villes de l’intérieur.
Le gouvernement de la IIIème République fit appel à de nombreux immigrants pour les remplacer. Le Décret du aine 30 septembre 1878 facilita l’octroi des Concessions aux « nouveaux arrivants ».

  1. Une Réponse à l'article : “Froha supérieur, l’oued de la plaine d’Eghriss”

  2. Merci pour ces informations !!

    Par un Ghrissi on sept 25, 2009

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